La vaginose bactérienne est une infection vaginale courante, causée par un déséquilibre de la flore intime. Cette bactériose touche 23 à 29 % des femmes. Symptômes de la vaginose et traitement : nos réponses.
Ce qu'il faut retenir :
- La vaginose bactérienne touche 23 à 29 % des femmes en âge de procréer selon l'OMS (2024).
- Le symptôme le plus caractéristique reste une perte vaginale grisâtre avec une odeur de poisson.
- 50 % des vaginoses sont asymptomatiques : un prélèvement vaginal confirme le diagnostic.
- Les douches vaginales et les rapports sexuels non protégés augmentent le risque de récidive.
Qu'est-ce qu'une vaginose bactérienne ?
La vaginose bactérienne est une infection vaginale courante liée à un déséquilibre de la flore intime. Les lactobacilles protecteurs diminuent. Des bactéries anaérobies prennent leur place, en particulier Gardnerella vaginalis, Prevotella ou Mobiluncus.
Le microbiote vaginal sain repose sur une diversité bactérienne faible, dominée par les lactobacilles. Ces bactéries produisent de l'acide lactique, qui maintient un pH vaginal acide (inférieur à 4,5). Quand cet équilibre bactérien se rompt, le pH monte et les bactéries pathogènes prolifèrent.
La vaginose bactérienne n'est pas une infection sexuellement transmissible au sens strict. Mais l'activité sexuelle joue un rôle reconnu dans son apparition et ses récidives, comme le confirment des données récentes publiées dans le New England Journal of Medicine en mars 2025.
Vaginose, mycose, trichomonase : quelles différences ?
Beaucoup de femmes confondent ces trois infections vaginales. Leurs causes, symptômes et traitements diffèrent pourtant nettement.
| Critère | Vaginose bactérienne | Mycose vaginale | Trichomonase |
|---|---|---|---|
| Cause | Déséquilibre bactérien (anaérobies) | Champignon Candida albicans | Parasite Trichomonas vaginalis |
| Pertes | Grisâtres, fluides, abondantes | Blanches, épaisses, type lait caillé | Jaune-vert, mousseuses |
| Odeur | Poisson avarié | Peu ou pas d'odeur | Désagréable |
| Démangeaisons | Rares | Fortes et typiques | Modérées, sensation de brûlure |
| Classement IST | Non | Non | Oui |
Ce tableau reste indicatif. Seul un professionnel de santé pose un diagnostic fiable à partir d'un examen clinique et d'un prélèvement vaginal.
Notre formule pour soutenir la flore intime
Pour accompagner l'équilibre de votre microbiote vaginal au quotidien, nous avons développé Probiotique Flore Intime. Cette formule associe les souches documentées Lactobacillus rhamnosus GR-1 et Lactobacillus reuteri RC-14 dans une gélule gastro-résistante made in France.
Découvrir les Probiotique Flore IntimeQuels sont les symptômes de la vaginose bactérienne ?
Le symptôme le plus typique de la vaginose bactérienne reste une perte vaginale grisâtre accompagnée d'une odeur caractéristique de poisson avarié. Cette odeur se renforce souvent après un rapport sexuel ou pendant les règles.
Une donnée surprend souvent les femmes concernées : près d'une vaginose sur deux est asymptomatique. Vous pouvez porter un déséquilibre bactérien sans ressentir aucun signe clinique, ce qui rend le dépistage difficile sans prélèvement vaginal.
Les 6 symptômes de la vaginose à connaître
- Pertes vaginales grisâtres ou blanchâtres, fluides et abondantes, qui tachent les sous-vêtements.
- Odeur vaginale de poisson, plus marquée après les rapports sexuels ou en période menstruelle.
- Irritation légère de la vulve, sans les démangeaisons intenses d'une mycose vaginale.
- Sensation de brûlure possible lors des mictions, plus rare qu'avec une cystite.
- pH vaginal supérieur à 4,5, mesurable avec des bandelettes test.
- Absence de rougeur ou d'inflammation marquée, ce qui distingue la vaginose d'une vaginite.
Ces signes peuvent se combiner ou apparaître isolément. Devant une odeur vaginale persistante ou des pertes inhabituelles, consulter un professionnel de santé reste la bonne démarche.
Lire aussi : Pour mieux comprendre le rôle de votre microbiote, découvrez notre guide sur les probiotiques de la flore intime.
Quelles sont les causes de la vaginose bactérienne ?
La vaginose bactérienne est causée par un déséquilibre de la flore vaginale. L'origine exacte de ce déséquilibre n'est pas entièrement élucidée, mais plusieurs facteurs de risque sont documentés.
Les facteurs de risque identifiés
- Douche vaginale : perturbe l'équilibre bactérien en éliminant les lactobacilles protecteurs.
- Rapports sexuels non protégés avec un ou plusieurs partenaires sexuels.
- Changement de partenaire récent, qui modifie le microbiote vaginal.
- Antibiothérapie récente qui détruit les bonnes bactéries de la flore.
- Dispositif intra-utérin (DIU) qui favorise certaines dysbioses.
- Tabac et produits d'hygiène intime inadaptés (savons parfumés, gels irritants).
- Antécédent de vaginose : un tiers des femmes connaissent une récidive dans les 3 mois.
Le rôle du partenaire sexuel : une donnée 2025

Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine en mars 2025 par l'équipe StepUp a changé la compréhension de la vaginose bactérienne. Les chercheurs ont montré que traiter simultanément le partenaire masculin réduit significativement le risque de récidive chez les femmes en couple stable.
Ce résultat remet en question l'idée reçue selon laquelle la vaginose ne serait pas transmissible. Sans aller jusqu'au statut d'IST, la bactérienne s'apparente à une affection influencée par l'activité sexuelle. La prise en charge du couple devient une piste sérieuse pour réduire le taux de récidive.
Comment se fait le diagnostic d'une vaginose bactérienne ?
Le diagnostic de la vaginose bactérienne repose sur une consultation médicale et un prélèvement vaginal. Un auto-diagnostic reste peu fiable, car les symptômes se confondent facilement avec ceux d'une mycose ou d'une infection sexuellement transmissible.
Le médecin ou le gynécologue utilise deux méthodes validées : les critères d'Amsel et le score de Nugent.
Les critères d'Amsel
Le diagnostic est posé si au moins 3 des 4 critères suivants sont réunis :
- Pertes vaginales homogènes, fines et grisâtres.
- pH vaginal supérieur à 4,5.
- Test de l'odeur (sniff test) positif après ajout de potasse.
- Présence de clue cells à l'examen microscopique.
Le score de Nugent
Cette méthode de référence utilise une coloration de Gram pour évaluer les populations bactériennes dans un échantillon vaginal. Un score supérieur ou égal à 7 confirme une vaginose bactérienne, entre 4 et 6 une flore intermédiaire.
Quel traitement pour la vaginose bactérienne ?
Le traitement de la vaginose bactérienne repose principalement sur une antibiothérapie prescrite par un professionnel de santé. L'OMS a actualisé ses recommandations en 2024 dans un guide dédié à la prise en charge de la vaginose bactérienne et des IST.
Les traitements antibiotiques de référence
- Métronidazole par voie orale (500 mg, 2 fois/jour pendant 7 jours) ou en gel vaginal.
- Clindamycine en crème vaginale pendant 7 jours.
- Secnidazole en prise unique par voie orale (2 g).
Ces médicaments sont efficaces sur l'épisode aigu mais ne restaurent pas à eux seuls la flore vaginale. Le taux de récidive à 6 mois atteint 50 % selon les données cliniques récentes, ce qui explique l'intérêt grandissant pour les approches complémentaires.
L'intérêt des probiotiques en complément
Une méta-analyse de 35 essais cliniques randomisés, publiée par Abavisani et al. dans le Taiwanese Journal of Obstetrics and Gynecology en 2024, a confirmé que les probiotiques associés aux antibiotiques améliorent le taux de guérison et réduisent le risque de récidive (OR : 0,34 pour la récidive).
Les souches les plus étudiées restent Lactobacillus rhamnosus GR-1 et Lactobacillus reuteri RC-14, documentées depuis plus de 20 ans dans la littérature scientifique. Elles sont pensées pour aider à rééquilibrer le microbiote vaginal après un traitement antibiotique.
Conseil de sécurité
Avant de commencer toute cure, demandez l'avis de votre médecin.
Comment prévenir la vaginose bactérienne et ses récidives ?
La prévention de la vaginose bactérienne passe par une hygiène intime adaptée et des habitudes de vie protectrices du microbiote vaginal. Plusieurs gestes simples aident à réduire le risque de récidive.
5 habitudes qui protègent votre flore intime
- Évitez les douches vaginales : le vagin s'auto-nettoie naturellement grâce à son pH acide.
- Utilisez un savon doux sans parfum pour la toilette externe, pas à l'intérieur du vagin.
- Portez des sous-vêtements en coton et évitez les tissus synthétiques serrés.
- Protégez-vous lors des rapports sexuels, surtout en cas de nouveau partenaire.
- Soutenez votre flore avec une alimentation riche en fibres et en prébiotiques.
Un mode de vie sain joue un rôle direct sur le système immunitaire et sur l'équilibre du microbiote vaginal. Le tabac, le stress chronique et les antibiothérapies répétées perturbent cet équilibre bactérien.
FAQ : vos questions sur la vaginose bactérienne
La vaginose bactérienne est-elle une IST ?
Non. La vaginose bactérienne n'est pas classée comme une infection sexuellement transmissible. Mais les données 2025 montrent que l'activité sexuelle influence son apparition et ses récidives, et qu'un partenaire masculin peut jouer un rôle dans la réinfection.
Peut-on avoir une vaginose sans avoir eu de rapports sexuels ?
Oui. Des femmes sans activité sexuelle peuvent développer une vaginose bactérienne. Le déséquilibre de la flore intime peut survenir après une antibiothérapie, des douches vaginales répétées ou des variations hormonales au cours du cycle menstruel.
La vaginose bactérienne disparaît-elle toute seule ?
Parfois oui, mais sans garantie. Un traitement adapté prescrit par un médecin reste recommandé pour limiter le risque de complications (maladie inflammatoire pelvienne, risque accru de contracter une IST, complications pendant la grossesse).
Quels risques pendant la grossesse ?
La vaginose bactérienne non traitée chez la femme enceinte augmente le risque d'accouchement prématuré, de rupture prématurée des membranes et de fausse couche. Un dépistage entre 12 et 16 semaines est recommandé pour les patientes à risque, même sans symptômes.
Pourquoi la vaginose revient-elle après traitement ?
Le taux de récidive atteint 50 % à 6 mois. Plusieurs causes : les antibiotiques éliminent aussi les bonnes bactéries, le partenaire sexuel peut réintroduire un déséquilibre, et certaines habitudes (douches vaginales, tabac) maintiennent la dysbiose.
Le probiotique est-il un traitement de la vaginose ?
Non, le probiotique n'est pas un médicament. Il peut être utilisé en soutien du microbiote vaginal, en complément d'un traitement médical prescrit. Les études récentes montrent un effet adjuvant sur la réduction des récidives.
Quand consulter un professionnel de santé ?
Consultez dès l'apparition de pertes vaginales inhabituelles, d'une odeur persistante, de démangeaisons ou de saignements anormaux. Un diagnostic précoce évite les complications et permet une prise en charge adaptée.
Sources scientifiques
- Organisation Mondiale de la Santé. Vaginose bactérienne, fiche d'information actualisée novembre 2024. who.int
- Vodstrcil LA, Plummer EL, Fairley CK et al., StepUp Team. Male-Partner Treatment to Prevent Recurrence of Bacterial Vaginosis. N Engl J Med. 2025 Mar 6;392(10):947-957. PubMed
- Abavisani M, Sahebi S, Dadgar F et al. The role of probiotics as adjunct treatment in the prevention and management of gynecological infections: An updated meta-analysis of 35 RCT studies. Taiwan J Obstet Gynecol. 2024 May;63(3):357-368. PubMed
- Lericolais C, Anastassiou A. Prévalence et facteurs de risques génitaux et sexuels de la vaginose bactérienne (étude DyvaM, Marseille), Thèse, Aix-Marseille Université, 2023. DUMAS