On a tous l'image de ce remède de grand-mère un peu désuet, au goût plus que mémorable. Pourtant, sa popularité grandissante ne doit pas masquer une réalité importante : mal utilisée, l'huile de foie de morue présente un danger non négligeable.
Avant d'ouvrir le flacon, explorons ensemble sa face cachée et les précautions indispensables à prendre.
Une composition puissante, un premier point de vigilance
Pour comprendre le danger potentiel, il faut d'abord savoir d'où vient cette huile. Elle est extraite du foie de la morue, un organe qui stocke les nutriments. C'est pour cela qu'elle est si concentrée en principes actifs, bien plus qu'une huile de poisson classique issue de la chair.
Cette concentration exceptionnelle en vitamines A et D, qui sont liposolubles (elles se stockent dans les graisses du corps), est aussi la source principale de son danger potentiel : le risque d'accumulation et de toxicité. C'est sa plus grande force, mais aussi sa plus grande faiblesse.
Le danger principal : le surdosage en vitamines A et D
Contrairement aux vitamines solubles dans l'eau que le corps élimine facilement, les vitamines A et D peuvent s'accumuler jusqu'à atteindre des niveaux toxiques. Un surdosage peut arriver plus vite que l'on ne pense avec un complément aussi concentré.
Hypervitaminose A : quand la vitamine A devient un poison
Un excès de vitamine A peut provoquer des symptômes aigus comme des nausées, des vertiges ou des maux de tête. À long terme, le danger est plus sérieux : il peut affecter le foie, fragiliser les os ou encore provoquer une sécheresse de la peau et des cheveux.
Hypervitaminose D : le risque de l'excès de calcium
Trop de vitamine D conduit à une hypercalcémie, c'est-à-dire un taux de calcium trop élevé dans le sang. Cette condition peut se manifester par de la fatigue et des troubles digestifs. Plus grave encore, elle peut entraîner la formation de calculs rénaux et affecter la fonction cardiovasculaire.
Le risque de contaminants : que contient réellement votre flacon ?
Le foie de la morue est un organe filtrant. Malheureusement, dans des océans pollués, il peut aussi accumuler des substances toxiques. Le danger de l'huile de foie de morue peut donc aussi venir de contaminants indésirables.
Une huile de mauvaise qualité ou qui n'a pas été correctement purifiée peut contenir des métaux lourds, comme le redouté mercure, mais aussi des PCB ou des dioxines. Il est donc fondamental de choisir une huile ayant des garanties de pureté.
Interactions médicamenteuses : l'effet cocktail à éviter absolument
Un autre danger de l'huile de foie de morue réside dans son interaction avec certains médicaments. Prendre ce complément sans en parler à son médecin peut avoir des conséquences fâcheuses.
L'effet le plus connu est sa capacité à fluidifier le sang, due aux oméga-3. Associée à des médicaments anticoagulants ou antiplaquettaires (comme l'aspirine), elle augmente fortement le risque de saignements ou d'hémorragies.
Des interactions sont aussi possibles avec les traitements pour la pression artérielle (risque d'hypotension) ou pour le diabète. La prudence est donc de mise si vous suivez un traitement médical.
Contre-indications strictes et précautions indispensables
Certaines situations rendent la consommation d'huile de foie de morue simplement déconseillée, voire dangereuse. Il ne s'agit pas d'un produit anodin et certaines règles s'imposent.
Les contre-indications formelles
La première contre-indication est bien sûr l'allergie aux poissons ou aux produits de la mer. Par ailleurs, si aucune carence en vitamine A ou D n'est avérée chez vous, une supplémentation n'est pas recommandée car elle vous exposerait inutilement au risque de surdosage.
Le cas particulier de la grossesse et de l'allaitement
C'est sans doute la situation qui exige le plus de vigilance. Un excès de vitamine A pendant la grossesse est connu pour présenter un risque tératogène, c'est-à-dire qu'il peut provoquer des malformations chez le fœtus. L'avis médical est ici absolument non négociable.
Les effets secondaires : quand le corps dit stop
Même sans atteindre un niveau de toxicité, la consommation d'huile de foie de morue peut provoquer des désagréments. Il faut voir ces effets secondaires comme des signaux d'alerte que votre corps vous envoie.
Les plus courants sont d'ordre digestif : des brûlures d'estomac, des nausées, un transit perturbé ou des renvois au goût de poisson. Si vous ressentez ces effets, il est probable que la dose soit trop élevée pour vous ou que le produit ne vous convienne tout simplement pas.
Ce qu'il faut retenir
- Principal danger : Le risque le plus sérieux est le surdosage en vitamines A et D, des substances qui s'accumulent dans le corps et peuvent devenir toxiques.
- Risque de contamination : L'huile peut contenir des métaux lourds (mercure) et autres polluants si elle n'est pas rigoureusement purifiée.
- Interactions dangereuses : Son effet fluidifiant sanguin peut augmenter le risque de saignement si vous prenez des médicaments anticoagulants.
- Prudence absolue pendant la grossesse : En raison du risque de malformations fœtales lié à un excès de vitamine A, un avis médical est impératif.
- Écoutez votre corps : Des effets secondaires digestifs (nausées, etc.) sont des signaux qu'il faut prendre en compte.
Foire aux Questions (FAQ)
Quelle est la différence entre huile de foie de morue et huile de poisson en termes de risque ?
La différence majeure est que l'huile de foie de morue est extrêmement concentrée en vitamines A et D, contrairement à l'huile de poisson classique. Cette particularité la rend beaucoup plus risquée en cas d'utilisation non contrôlée, car le danger de surdosage toxique est bien plus élevé.
Peut-on donner de l'huile de foie de morue aux enfants en toute sécurité ?
Non, pas en toute sécurité sans avis médical. Le risque de surdosage en vitamine A est encore plus présent et potentiellement dangereux pour leur organisme en développement. Les dosages doivent être très stricts et adaptés à leur faible poids. Un avis pédiatrique est impératif.
Comment choisir une huile pour minimiser les dangers ?
Le choix doit se porter sur la réduction des risques. Cherchez une huile qui garantit, via des certifications et des analyses de lots, avoir subi une purification poussée (distillation moléculaire, par exemple) pour éliminer mercure, PCB et autres contaminants. La transparence de la marque est un critère de sécurité.
Combien de temps peut-on faire une cure sans danger ?
Il n'est pas recommandé d'en prendre en continu. Pour éviter le danger d'une accumulation toxique des vitamines liposolubles, privilégiez des cures courtes (de 1 à 3 mois maximum), idéalement durant l'hiver. Au moindre doute, demandez conseil à un professionnel de santé.
Source : drbeen.com
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