Quand Camille repense à cette période, elle dit qu’au début, elle n’a pas pris le problème au sérieux.
“Je pensais que j’étais juste fatiguée, comme tout le monde.
Le boulot, la maison, les enfants, les messages, les rendez-vous, les imprévus…
Je vivais un peu en tension permanente, donc pour moi c’était logique que mon corps finisse par me le montrer.”
La journée, elle tenait.
Elle faisait ce qu’il fallait.
Elle enchaînait.
Elle avançait.
Mais le soir, quand enfin elle se couchait, elle sentait déjà que quelque chose clochait.
“Je n’arrivais pas vraiment à redescendre.
Même allongée, mes jambes restaient chargées.
Mes mollets étaient tendus, comme si mes muscles restaient contractés alors que moi, j’avais juste besoin de souffler.”
Au début, c’était diffus.
Une gêne.
Une sensation de tension.
Le besoin de changer souvent de position.
Puis les premières crampes sont arrivées.
“Pas les petites crampes après le sport.
Les vraies.
Celles qui vous réveillent net.
Celles où vous vous redressez dans le lit en attrapant votre mollet comme si votre corps venait de vous trahir.”
Le plus dur, explique-t-elle, n’était pas uniquement la douleur.
C’était tout ce que ça déclenchait autour.
“Après ça, je ne dormais plus pareil.
J’étais en alerte.
Je me rendormais mal.
Et le lendemain, il fallait quand même repartir de zéro.”
Très vite, les conséquences ont dépassé le simple inconfort nocturne.
Réveil plus lourd.
Moins de patience.
Corps plus nerveux.
Humeur plus fragile.
Impression de ne jamais récupérer complètement.
“À un moment, ce n’était plus seulement une histoire de mollet. C’était mes nuits qui étaient coupées. Et donc mes journées qui devenaient plus dures.”